New York aura un nouveau maire le 1er janvier 2026. Cette personne n’est pas née aux États-Unis et elle est musulmane. Une partie de la gauche française se félicite de cette victoire, convaincue de pouvoir s’en inspirer pour remporter les élections présidentielle et législatives.
Je suis content pour les New-Yorkais : ce sera toujours plus réjouissant que d’avoir le mafieux Rudy Giuliani. Je leur souhaite tout le bonheur du monde.
Je n’ai aucun talent en médiumnité, et je l’énonce d’emblée : je préfère vivre sous un gouvernement de gauche que subir cinq ans de fachosphère (LR, Horizons, RN et le machin-bidule de Zemmour). Mais quand bien même la gauche française gagnerait son pari grâce à la dynamique Zohran Mamdani, cela deviendrait rapidement stérile.
Depuis longtemps cette difficulté est abordée par les militants, comme en témoigne les paroles de la vieille chanson L’Internationale :
« Il n’est pas de sauveurs suprêmes : Ni Dieu, ni César, ni tribun, Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! Décrétons le salut commun ! »
Ces jolis mots abordent de manière poétique ma pensée : ce nouveau maire, malgré toute la bonne volonté que je lui prête, ne pourra pas atteindre ses objectifs déclarés. On l’a vu plusieurs fois par le passé : le pouvoir économique (celui des plus riches) est bien supérieur au pouvoir politique. Très vite, il aura — comme Mitterrand et Jospin l’ont expérimenté — l’obligation de s’incliner devant ce pouvoir.
Ensuite, comme le dit la chanson plus haut, nous, à la CNT, pensons que nous ne devons pas attendre notre sauveur pour agir. Depuis son piédestal, il ne parviendra jamais à faire mieux que ce que les prolétaires unis pourraient accomplir. De plus, il ne fera pas ce que nous ne faisons pas nous-mêmes : nous battre pour notre autonomie ouvrière.
On le constate depuis plusieurs décennies : les travailleurs ont pris l’habitude de s’appuyer sur les élections pour voir leurs conditions de vie s’améliorer. Or, en l’absence d’initiative de notre part, nous ne parvenons pas à récupérer la sur-valeur que nous avons créée, et l’écart entre les plus riches et les plus pauvres continue de se creuser. La lutte est à mener sur nos lieux d’exploitation avec nos collègues, et non dans les antichambres du pouvoir…
Article personnel d’un militant
