Séance organisée par le Collectif Libertaire de Gironde.
Projection suivie d’une rencontre avec le réalisateur Frédéric Goldbronn. Achetez vos places à l’avance au cinéma, à partir du Samedi 20 Septembre.
HOMMAGE À LA CATALOGNE
Écrit et réalisé par Frédéric GOLDBRONN – documentaire France 2025 1h10mn – avec la voix de Bruno Podalydès… D’après le livre de George ORWELL.
Séance du 30 septembre à 2OH15 en présence du réalisateur au cinéma l’Utopia de Bordeaux
Le 18 juillet 1936, des militaires dont le général Francisco Franco Bahamonde, appuyés par l’église, se soulèvent contre la république espagnole. À Barcelone, les organisations ouvrières, dont la puissante CNT, Confédération Nationale du Travail anarcho-syndicaliste, organisent la résistance par les armes et font échouer le coup d’État. Dès le 19 juillet en Catalogne, les principaux leviers politiques, économiques et sociaux sont aux mains de la population selon des bases libertaires.
Lorsqu’Orwell arrive à Barcelone en décembre 1936, il trouve une situation qui « dépassait toute attente. C’était bien la première fois de ma vie que je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière avait pris le dessus ». Dans son livre-témoignage Hommage à la Catalogne, il décrit une révolution en marche : bâtiments saisis arborant les drapeaux rouges ou rouges et noirs, usines et magasins collectivisés ainsi que les transports en commun, les restaurants… « Les gens étaient contents, pleins d’espoir. »
Orwell précise qu’il s’engage immédiatement dans une milice du POUM, parti marxiste anti stalinien, qui combat aux côtés des milices anarchistes sur le Front d’Aragon. Il relate les enthousiasmes, les épreuves de la guerre, le dénuement, la pénurie d’armes, les morts (lui-même sera gravement blessé), mais aussi une vie « sur le même pied d’égalité », « l’expérience d’un avant-goût du socialisme ». Puis les désillusions et la répression suite à la montée de nouvelles autorités sous influence stalinienne. Écrit dans l’urgence à son retour en Angleterre fin 1937 « pour contrer les falsifications », le livre d’Orwell rend compte de cette révolution trahie et de cette guerre, dite civile, mais qui était le début de la Deuxième Guerre mondiale. Orwell garde de cette expérience une horreur définitive pour le modèle autoritaire, exprimée dans 1984 ou La Ferme des animaux.
Fervent lecteur d’Hommage à la Catalogne, le réalisateur Frédéric Goldbronn découvre en 1977 à Barcelone des films inédits, tournés par la CNT dès 1936. En Catalogne où l’industrie cinématographique était aux mains des anarchistes, les opérateurs de prise de vue, qui étaient aussi les acteurs de ces événements, avaient abondamment documenté la situation dont parle Orwell : plus de 200 films, aujourd’hui archivés.
Ainsi est né le projet de ce film qui est plus que la simple adaptation d’un ouvrage lucide et majeur pour l’histoire de l’Espagne. C’est une belle rencontre, en un montage virtuose, entre des images d’archives et un texte porté par une voix qui « doit donner à entendre le corps du narrateur, le jeter pour ainsi dire dans nos oreilles, pour qu’il existe à nos yeux ». Cette voix, c’est celle de Bruno Podalydès lisant des passages du livre, relayée par des chants révolutionnaires et des créations musicales originales.
Voyage au cœur de la révolution et de la guerre d’Espagne, ce film est un hommage aux idéaux et à la mémoire des vaincus. Dédié au souvenir de Jean-Louis Comolli, c’est aussi une invitation à une véritable expérience de cinéma.

